L’économie sociale et solidaire : retour de la table ronde du 21 mai

8 juillet 2019

Le 21 mai 2019, Philea et l’IRED ont organisé une table ronde « L’Économie Sociale et solidaire : réalités, impacts et défis. Partage d’expériences entre le Burkina Faso, le Burundi et la Suisse » pour mieux comprendre le mouvement de l’économie sociale et solidaire (ESS) et s’interroger sur son objectif : trouver un équilibre entre les dimensions sociales environnementales et économiques. Compte rendu de la rencontre !

 

Intervenants

  • Madame Milasoa CHEREL-ROBSON (modératrice), Economiste, Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)
  • Madame Isabelle CHEVALLEY, Conseillère nationale (Vert-Libéraux) et Présidente de l’intergroupe parlementaire Suisse-Afrique
  • Madame Elisabete FERNANDES, Co-réalisatrice du documentaire « Demain-Genève » (2018)
  • Monsieur Deogratias NIYONKURU, Agronome, conseiller en développement et auteur de « Pour la dignité paysanne » (2018), Responsable IRED Afrique
  • Monsieur Sylvestre OUEDRAOGO, Professeur d’économie (Université de Ouagadougou) et Directeur de l’Institut Panafricain de Développement pour l’Afrique de l’Ouest et Sahel
  • Monsieur Jean ROSSIAUD, Dr en Sciences économiques et sociale, Député au Grand conseil/ GE, Délégué international de la Chambre genevoise de l’économie sociale et solidaire

 

Diversité des statuts : quelles différences dans les cadres juridiques ?

Lors du débat du 21 mai, la diversité des statuts a été mentionnée comme une difficulté pour l’ESS, notamment en Suisse. En effet, si l’Après-GE a adopté le principe d’une charte à laquelle les membres doivent souscrire, d’autres grandes coopératives ont choisi de ne pas le faire. Cet exemple a été opposé au cas français qui a réussi a adopté un cadre juridique recouvrant des situations très différentes.

Sylvestre OUEDRAOGO a alors souligné qu’un cadre juridique uniforme ne répond pas nécessairement aux réalités contrastées entre les petites entreprises unipersonnelles et les grandes coopératives, comme par exemple au Burkina Faso. Ce point est également souligné par Deogratias NIYONKURU, qui explique qu’au Burundi il existe une grande diversité des statuts : mutuelle, association, coopérative, entreprise, etc.

Bien que la coopérative soit la forme juridique qui traduit le mieux les principes de l’ESS, le défi majeur est de trouver un consensus afin de développer une charte ralliant les buts à atteindre par les différent.e.s acteurs et actrices de l’ESS, prenant en compte leurs inégalités face aux cadres juridiques

 

Les initiatives locales : la société civile au cœur du succès de l’ESS

Un autre point important a été souligné : le rôle essentiel de la société civile. En effet, les initiatives créées par les associations sont un pas très important pour permettre aux différentes dimensions de l’ESS de trouver leur équilibre.

Elisabete FERNANDES, co-réalisatrice du film « Demain-Genève », a expliqué que ce projet a été monté grâce à une campagne de financement participative et qu’elle a compris l’impact que pouvait avoir ce film en voyant le nombre important de projets proposés pour le réaliser (400, dont 27 ont été retenus). Voyant la matière et le nombre d’initiatives provenant de la société civile, une plateforme internet et une fondation ont été lancées pour continuer leur promotion.

Isabelle CHEVALLEY nous a donné un autre exemple d’initiative civile, celui d’un groupe d’action de femmes qui, dans le but de relancer l’économie au Burkina Faso, valorise des déchets plastiques pour en faire des sacs à main qui sont vendus à l’exportation.

Jean ROSSIAUD a illustré cette idée avec l’exemple de la monnaie locale du Léman qui est utilisée comme instrument de développement local circulaire, de solidarité et d’identité d’un mouvement.

 

Former pour comprendre l’ESS

Si l’ESS est un mouvement qui se construit grâce à ses acteurs et ses actrices, la prise de conscience générale d’un changement est rendue possible par la discussion et le débat, poussé par les politiques mais aussi, et surtout, par la société civile. L’éducation financière a d’ailleurs été citée en exemple.

Isabelle CHEVALLEY a expliqué qu’avec l’appui de Philea et de son expertise en éducation financière, la comptabilité analytique avait été introduite au sein du groupement de femmes au Burkina Faso ce qui leur a permis de développer leur projet et par extension leur indépendance, allant dans le sens de leur empowerment.

Sylvestre OUADRAOGO a décrit le projet de formation à l’ESS par l’IRED qui était au départ destiné à former de nouveaux entrepreneurs à ce mouvement et que depuis, une forte demande s’est développée pour continuer à comprendre et développer l’ESS.

 

Considérations finales – quel résultat ?

Ces spécialistes dans le domaine de l’ESS nous ont présenté leur point de vue sur les différents thèmes abordés. Des exemples précis, basés sur leur expérience, ont permis de comprendre les défis liés à cette thématique, que ce soit au Burkina Faso, au Burundi ou en Suisse. Au vu des défis contemporains touchant à l’économie, à l’environnement et au social, une multitude de solutions économiques qui participent à la construction d’une nouvelle façon de vivre et de penser l’économie sont néanmoins à la portée de tous et de toutes. Il ne reste désormais plus qu’à s’y intéresser.

 

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